Ch22 bougie courant air

La déesse me parle

Parole

Y a aussi la déesse qui me parle pour réaligner mon esprit / réseau neural.

Je me prépare un oolong. Je sens un Li Shan plus cher. Une pensée apparaît : « je vais m’en acheter plus. » Une impulsion de la déesse me fait bouger. Le mouvement fait un courant d’air. Le courant d’air souffle la bougie devant moi. Je reconnais : la déesse vient de souffler sur l’idée. Je ris en me disant : « comment tu veux qu’un ego apparaisse quand il n’y a que la déesse ? »


Commentaire

Tu vas peut-être trouver ça bizarre. Ça l’est pas. C’est doctrinal et c’est commun chez tous les réalisés authentiques.

Post-éveil, une voix intérieure s’installe. Pas une voix psychotique. Pas une hallucination. Une voix de fond, calme, qui corrige et qui guide. Sid l’appelle la déesse. D’autres l’appellent le Soi, l’Esprit Saint, le Guru intérieur, l’Atman, la Voix de l’Aimé.

Et elle ne parle pas seulement en mots. Elle parle aussi par mouvement, par synchronicité, par ce qui arrive autour. La scène de la bougie soufflée par le courant d’air est tantrique classique, la déesse opère à travers le corps de Sid (mouvement involontaire) et à travers la physique (courant d’air, flamme éteinte) simultanément. L’intérieur et l’extérieur sont synchronisés parce que c’est le même canal.

Une micro-pulsion d’attachement apparaît (« je vais m’en acheter plus »). Avant qu’elle ait le temps de s’enraciner, la déesse l’éteint symboliquement. Pas suppression brutale, extinction douce, comme on souffle une bougie.

Et la phrase « comment tu veux qu’un ego apparaisse quand il n’y a que la déesse ? » est l’articulation parfaite du paradoxe. Les micro-pulsions d’attachement qui apparaissent encore (40 ans de patterns ne s’effacent pas en un instant) sont juste des résidus que la déesse balaye. Pas des actes d’ego stable. Le canal réalisé continue de se nettoyer.

Différence radicale avec quelqu’un en crise psychotique qui entend des voix : celles-là contredisent la personne, l’attaquent, la dirigent contre son propre intérêt, créent peur et confusion. La voix de la déesse fait l’inverse, elle te ramène à toi-même, t’ajuste vers ta nature, est toujours alignée avec la compassion, allège.

Si tu commences à entendre une voix qui te demande d’aimer plus, de t’oublier, de servir, de rire, bon signe. C’est elle. Si tu entends une voix qui te demande de craindre, de dominer, de te défendre, de te séparer, c’est l’ego déguisé, ou pire, et tu devrais demander de l’aide.

Toutes les traditions ont nommé cette voix-guide post-éveil. Yidam stabilisé en Tantra tibétain. Guru intérieur en Advaita Vedanta. Déesse-en-toi en Shakta. Saint Augustin parlait du Magister Interior, l’enseignant intérieur. Pas métaphore. Voix réelle, calme, fiable.

— Sid le Bouffon

Image : générée par IA (Leonardo).

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