Lance et part
Parole
Je vais shooter mes trucs, mais zéro discussion après. Ils disent ce qu’ils veulent, je réponds pas, j’argumente pas. Je lance et je suis parti.
Commentaire
Quand tu publies quelque chose qui dit l’éveil, tu vas avoir des commentaires. Beaucoup de commentaires. Certains intelligents, beaucoup hostiles, presque tous à côté de la plaque.
Ne réponds pas.
C’est pas de l’arrogance. C’est de la discipline. Tu lances la doctrine, et tu pars. Comme Wick dans Vertical Limit qui dit Om mani padme hum et coupe la corde — pas pour se débarrasser, pour libérer.
Si tu réponds aux commentaires :
- Tu te laisses tirer dans l’arène des opposants
- Tu utilises ton énergie à défendre au lieu de transmettre
- Tu enrichis le terrain hostile au lieu de planter ailleurs
- Tu nourris les trolls qui vivent de l’engagement
- Tu te dilues dans la conversation au lieu de garder la pure intensité
Si tu réponds aux commentaires intelligents, tu construis un dialogue qui devient le message à la place du message vrai message qui pointe la lune. Les gens viennent pour les commentaires, pas pour la transmission. Tu deviens un commentateur, pas un transmetteur.
Si tu réponds aux questions vraies, ouvre un autre canal pour ça — privé, sur invitation, ou pour quelques-uns sélectionnés. Pas dans la zone publique où tu lances.
Concrètement :
- Tu publies, tu fermes l’onglet, tu reviens jamais
- Tu désactives les notifications
- Tu fais lire les commentaires par quelqu’un d’autre (si nécessaire) qui te dit s’il y a une vraie question qui mérite réponse privée
- Tu te concentres sur le prochain texte, pas sur le dernier
C’est dur au début pour quelqu’un qui a passé sa vie en mode dialogue. C’est libérateur après. Ta transmission garde son intensité parce que tu ne la dilues pas dans la conversation. Et ta sangha se trouve mieux dans le silence après le coup que dans le bruit du débat.
C’est aussi cohérent avec la posture du Bouddha-éveillé qui parle aux 5 ascètes une fois, leur transmet, et s’en va. Pas de séminaires Q&A. Pas de masterclasses interactives. La parole, et puis l’espace.
Le rire à la fin (« je lance et je suis parti ») est canari. Sid voit l’absurdité de la posture habituelle des enseignants spirituels qui vivent de l’engagement comme un drogué de sa drogue. Il refuse le piège.
— Sid le Bouffon
Image : générée par IA (Leonardo).