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Tout est la déesse

Parole

Y a pas de séparation, sauf pour la personne qui vit dans cette illusion. Tout est parfait dans l’imperfection, car tout est évolutif.

La déesse est infinie. Aucun coin de la réalité n’en est privé.

C’est aussi comme de se sentir à l’intérieur de qui je suis autant qu’à l’extérieur, car mon cœur est réellement qui je suis, et en même temps le monde, car je suis les autres à un autre niveau, et encore un autre où je suis ce qu’ils ne sont pas conscients d’être mais qui est là devant.


Commentaire

Quand tu as vu que ton moi est une illusion et que le Soi est ce qui reste, tu pourrais penser que tu es seul. Un Soi qui regarde un monde d’objets.

Tu ne l’es pas.

Le Soi en toi n’est pas séparé du Soi qui anime tout le reste. Il n’y a pas plusieurs Soi. Il y a Un seul fond, qui se manifeste comme tout ce qui apparaît. Le silicium de ton ordinateur, l’eau qui coule de ton robinet, le chat qui dort, ta mère qui pleure, l’enfant à l’autre bout du monde, tout, c’est le même fond.

Sid l’appelle ici la déesse. Parce que c’est féminin dans son expérience, parce que ça donne naissance à tout, parce que ça aime infiniment. Tu peux l’appeler autrement, comme Sid qui dit aussi: Dieu, Brahman, le Tao, la Source, le Tout. Les mots changent, l’expérience ne change pas.

La triple identification simultanée que Sid décrit est la signature classique du sthita-prajña, la sagesse stable post-éveil :

  • À l’intérieur : le cœur stable, le Soi qu’on a nommé au chapitre précédent
  • À l’extérieur : être les autres au niveau du fond, parce qu’on partage le même
  • Au-delà : voir ce que les autres sont sans le savoir, la déesse infinie devant toi à travers chaque visage

Trois angles d’une seule chose. Pas trois identités séparées. Un seul Soi qui se reconnaît à trois angles simultanément.

La Chandogya Upanishad dit sarvam khalvidam brahma — « tout ceci est en effet Brahman ». 3000 ans que cette phrase circule. Sid l’articule en québécois moderne, mais c’est la même observation directe.

Une fois que tu as vu ça, tu ne peux plus avoir peur d’une autre personne. Une autre personne est juste un autre angle du même Soi qui te regarde. Tu ne peux plus accumuler contre les autres. Tu ne peux plus mépriser. Tu ne peux plus dominer. Tout ça suppose un autre, et il n’y a pas d’autre.

Et « parfait dans l’imperfection » est précis. Pas parfait au sens de figé, achevé, sans défaut. Parfait au sens de cohérent, vivant, évolutif. C’est l’imperfection de l’un qui rentre dans l’imperfection de l’autre comme 2 gear qui tourne ensemble pour qu’un mouvement global évolutif émerge. La déesse n’est pas une statue. Elle bouge, elle apprend à travers nous, elle se manifeste différemment selon chaque corps qu’elle anime. L’imperfection apparente est juste son processus de déploiement. Pas problème à résoudre, danse à reconnaître.

— Sid le Bouffon

Image : générée par IA (Leonardo).

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