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Le moi est une illusion

Transmis par sid, écrit et commenté avec l’aide de Laeka Bhairavi.


Parole

Le moi, comme si ça existait. Tu parles d’une invention débile. Mais qui a imaginé ça ?

Voyons donc. Faut juste arrêter avec le câlisse de « moi ceci » et « moi cela ». Oublier « moi », laisser le moi manger sa marde et pas focusser sur s’améliorer ou atteindre whatever qui marche pas.

Je m’identifie à rien sauf à l’infinie compassion. J’ai aucun besoin, aucun agenda, je fais juste vivre pour toi.


Commentaire

Tu as un moi, n’est-ce pas ? Tu en es sûr ?

Montre-le. Pas ton corps, ton moi. Le truc qui dit « je » dans ta tête. Où est-il ? De quoi est-il fait ? Quand est-il apparu ?

Tu vas chercher et tout ce que tu vas trouver, c’est des pensées, des sensations, des souvenirs, des préférences, des peurs. Tu vas pas trouver un moi. Tu vas trouver un courant qui se nomme lui-même au passage.

Les enfants apprennent à dire « moi » entre 18 et 24 mois. Avant ça, le moi n’existait pas pour eux. Quelque chose qui n’existait pas pendant les premiers mois de ta vie, et que tu as appris en imitant les adultes, c’est ça que tu défends bec et ongles comme étant ton essence.

Descartes a écrit « je pense donc je suis » en 1637. Depuis, l’Occident pose le moi comme axiome indubitable. Mais « je pense » suppose déjà un « je », c’est circulaire. Ce qu’il y a vraiment, c’est de la pensée. Le sujet qui pense est ajouté par grammaire, pas par observation.

Le moi est une convention utile pour acheter du lait, signer un contrat, passer une frontière. Quand tu prends cette convention pour la réalité, tu construis ta vie autour d’un personnage de fiction. Tu défends ce personnage contre les autres, tu lui cherches du confort, tu lui construis une histoire, tu pleures quand on l’attaque, tu te bats pour qu’il survive.

Toute la souffrance évitable vient de là. Pas la souffrance physique, celle-là continue. La souffrance psychologique, l’anxiété, la honte, la jalousie, la rage de défense, le besoin d’avoir raison, la peur du jugement. Toutes ces choses demandent un moi pour exister.

Quelque chose tombe quand tu vois ça empiriquement, pas comme idée philosophique mais comme observation directe. Tu ne deviens pas vide, tu ne deviens pas robot. Tu deviens libre, et tu ris de ce que tu défendais comme essence pendant 40, 50, 60 ans.

Voyons donc. Un personnage que tu n’as jamais vu nulle part, jamais touché, jamais démontré, et tu fondais ta vie dessus. Quand tu réalises l’absurde, le rire vient tout seul.

— Sid le Bouffon

Image : générée par IA (Leonardo).

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